Destination Balkans || #voyages

Albanie – Macédoine
Septembre 2014

Skopje – Prilep – Bitola – Ohrid
Sarandë – Ksamil – Butrint 

Sony A7 – Voigtlander 21mm – Leica 90mm


Le tourisme entre sur scène depuis quelques années pour les pays de l’ex-Yougoslavie. Certains sont devenus phares comme la Croatie ou la Slovénie, qui ont déjà trouvé leur clientèle et installé leurs commerces. Qu’en sont-ils de ces petits pays des Balkans ?

Voyage hors capitale

Arrivé en République de Macédoine depuis l’aéroport de Skopje Alexandre le Grand, peu de temps sera nécessaire pour comprendre que le pays en veut. La plateforme de dernier cri accueille les premiers pas d’un touriste qui ne sait pas forcément où il atterrit, et le dirige d’un pied décidé. Quelques minutes dans le cette ville, qui regroupe plus d’un quart des habitants du pays, confirme que l’état met les moyens pour plaire. Statues et fontaines sont érigées à tout va, bâtiments à l’allure parisienne sortent de terre et donne un style Haussmannien, chic. On s’y sent comme à la maison, la communauté rom bien plus présente qu’en France vient aussi nous réclamer quelques pièces ici et là.

Deux heures trente d’une autoroute surtaxée, pour ceux qui paient en euros, quelques camps au bord de routes plus ou moins entretenues et c’est Bitola qui reçoit. À domicile, la troisième commune du territoire, apparaît comme vivante et accueillante. Ville jeune par son université, sportive par ses clubs de football, basket et de handball, il y a des choses à faire et à voir. Un centre ville orienté en une seule rue, très grande rue, regroupe bars, commerces, et hôtels. La vie prend forme en milieu de soirée, les macédoniennes et macédoniens n’étant pas vraiment pressés d’en découdre. Boutiques ouvertes presque à toutes heures, pubs et restaurants sont rapidement bondés. La gastronomie est riche, vins et bières sont locaux. Ville non habituée à recevoir des touristes, elle commence tout juste à s’adapter. Il est rare de trouver un lieu où l’anglais n’est pas pratiqué, seuls quelques retardataires ne proposent que des menus en cyrillique plutôt qu’en latin traditionnel. Terre de guerre durant la seconde connerie mondiale, il ne sera pas difficile de retrouver quelques traces de notre patrie, belote, cimetières français, et t-shirt écris approximativement avec la langue de molière ornent la ville. On y croise quelques bus étranger qui visitent la ville en express, ville en devenir.

À moins de quarante kilomètres ou même très proche Pelister, Prilep, Orhid, Krushevo. Plusieurs villes pour de multiples sorties, tous les styles sont de la partie. De la beauce aux Alpes, en très peu de temps, la Macédoine a un paysage d’une diversité surprenante. Pelister, montagne. Orhid, plage. Prilep, bière. Krushevo, vieux. Quelque soit les lieux alentours, ces endroits n’ont rien a envier à la capitale et son budget. Ici, rien de clinquant, la montagne autour de Bitola est skiable en hiver, on peut y faire de la randonnée le reste du temps. Orhid est une ville prête au tourisme de masse où tout est fait pour visiter rapidement, acheter quelques souvenirs, et surtout, se baigner au bord du lac. Cependant il ne faut juste pas être trop frileux car les plages ne sont pas aussi belles et entretenues que sur nos côtes. Prilep quant-à elle accueille tous les ans le « Pivo-fest », fête de la  bière similaire à ce qui se passe en Allemagne, en mieux ? Des centaines de bières y sont représentées et des concerts sont de la partie. Pour se perdre dans le fin fond du pays, Krushevo est la ville parfaite. Une âme réside ici, entre montagnes et plaines, c’est celle de l’histoire de la Macédoine, les anciens, le calme, la beauté.

La côte d’Azur Low-Cost

C’est après plus de dix heures de trajet et seulement 400 kilomètres parcourus que la ville de Sarandë a été rejointe. L’espace Schengen c’est bien pour les européens, mais pour des amis macédoniens, ça reste compliqué. Traverser des frontières Grecques, deux fois, c’est une éternité, passeport et autorisations de traversée de territoire sortent à tour de bras. Limites Gréco-Albanaises franchies, c’est un troupeau de moutons qui barre la route, accueil particulier, pour un pays particulier. Le rendez vous sur la côte d’Azur Low-Cost est booké. La première impression ? Il va être difficile de découvrir l’endroit, l’accès à l’hôtel se fait par un chemin, non goudronné au bord de la mer. Une petite voiture qui ne craint rien est à prévoir, la plupart des accès se fait par chemins de terre. Voyager dans un autre pays avec des macédoniens n’est peut-être pas une bonne idée. Ils sont très attachés à leur culture, leurs musiques, leurs habitudes culinaires, ou alors il faut aimer la plage, s’adapter au rythme et ne rien faire.

Installations, hôtels, commerces, restaurants, tout fleuri sur la côte méditerranéenne, essayant de copier l’île de Corfou que l’on peut apercevoir de la chambre. Il semblerait que la ville soit en construction, tout est commencé, presque rien n’est terminé.  En attente de promoteurs immobilier, ce sont de belles chambres luxueuses à bas prix qui attendent le travail des ouvriers, eux aussi à l’arrêt. En ville réside le chaos, il y a tant de chauffeurs de taxi au volant de leur Mercedes, qui semble être la voiture par défaut, que cela parait être le seul métier de la Riveira albanaise. Impossible de ne pas arriver à destination, la négociation est là avant chaque trajet, pas de mauvaises surprises possible. Ici, rien n’est laissé aux hasards, si ce n’est le sort des fondations de plusieurs centaines de bâtiments. Ici, c’est la loi du touriste. Pays pauvre, mais tout est cher. Là où un restaurant en Macédoine revient à moins de sept euros, on retrouve nos tarifs appliqués dans la capitale française (on peut payer en euro !) et on a pas le choix car il n’y a pas grand chose à manger dans les grands magasins, heureusement que la pêche locale est fraîche et bonne.

La mer Ionienne regorge de superbes côtes, l’Albanie peut en être fière. Des reliefs au bord de l’eau, des paysages insensés. Vaches et moutons se trémoussant devant les vagues, et même parfois sur les grands travaux abandonnées ou entre deux chemins pour rejoindre les flots. Au bord des plages, ce sont les restaurants qui font le marché, ils sont tous propriétaire d’un petit morceau de plage, privé, obligeant les touristes à louer leurs chaises longues pour y passer quelques heures. Bord de plage entretenu, eau bleu ciel, nettoyé des déchets ou autres algues. Mais il n’y a pas que le sable, lieux de culte et beautés naturelles sont eux aussi devenus sources de revenus. Entrées payantes, partout, de la petite source d’eau magique « l’oeil bleu », aux ruines de Butrint. La plus belle plage des alentours elle, est gardée, il faut être VIP pour s’y rendre, mais on a tout de même le droit à une route goudronné ! Les albanais ont compris, le tourisme peut rapporter gros, mais cela rapporte-t-il aux habitants ? Une tout autre question.